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La crise aura-t-elle raison de la gratuité d’Internet?

Depuis quelques semaines, je lis plusieurs articles (Business Week, The Economist ou du Nieman Journalism Lab de Harvard) décrivant le questionnement que la crise suscite chez nos voisins du sud en ce qui a trait à la gratuité d’Internet.

À chaque crise son questionnement

En 2003, l’éclatement de la bulle technologique a coupé court à l’effervescence démesurée entourant les start-ups promettant l’impossible grâce à l’Internet. En jetant un regard sur le passé, il semble que chaque crise offre l’opportunité à une industrie de s’arrêter et de questionner la direction qu’elle emprunte…et en 2009, le même phénomène se reproduit.

Quel est le questionnement aujourd’hui ?

Que questionne-t-on en 2009 ? La gratuité d’Internet ou indirectement, le modèle d’affaires basé principalement sur les revenus publicitaires. En effet, l’une des conséquences directes d’une crise économique se veut la diminution des investissements publicitaires puisque la consommation des ménages diminuent dû aux pertes d’emplois ou dans ce cas-ci, au resserrement du crédit.

Ne pouvant plus se fier sur les revenus publicitaires, plusieurs explorent d’autres avenues qui leur permettraient d’assurer un certain niveau de croissance. Celle étant la plus couramment citée demeure un frais d’inscription afin d’accéder à du contenu. De nombreuses voix s’élèvent afin de démontrer que ce modèle d’affaires ne ferait que diminuer proportionnellement le nombre de visiteurs. C’est-à-dire, que plus vos frais d’inscription seront élevés, plus vous perdrez des visiteurs. À mon avis, tout peut se faire si une stratégie de distribution chirurgicale est mise en place et que des tests sont effectués avant l’implantation de celle-ci.

Une vie après la pub

Et si la pub devait disparaître, que se passerait-il ? C’est une question que je me suis posée suite à ma lecture des dernières semaines. Je suis aussi curieuse de connaître votre réflexion par rapport à celle-ci. Voici la mienne, à noter, il s’agit d’une fiction à l’heure où je vous parle.

Imaginons le scénario hypothétique suivant. D’ici quelques années, les consommateurs accusent la publicité de les avoir conduit dans le gouffre financier du crédit, duquel ils ne voient jamais la lumière. La publicité obtient alors une si mauvaise presse que plusieurs compagnies tentent de trouver des solutions alternatives pour vendre leur produit. Une d’entre elle se veut de miser sur leur site Internet et le site Internet des médias n’offrant pas de publicité. Au fil des ans, les compagnies commencèrent à réaliser que Google était leur meilleure source d’acquisition pour obtenir des consommateurs potentiels et non la publicité.

Nouveau modèle d’affaires ?

Le modèle d’affaires lié au scénario hypothétique (ou catastrophique pour l’industrie de la pub) décrit ci-haut, se baserait sur la vente d’information collectée à même les sites Internet à propos des consommateurs. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais bien d’exploiter cette ressource à son plein potentiel. L’information étant une ressource renouvelable, celle-ci pourrait être vendue selon les objectifs d’affaires des compagnies désirant interagir avec les consommateurs.

Finalement!

Finalement, je suis bien curieuse de connaître les répercussions qu’aura le questionnement de la crise de 2009 sur la gratuité d’Internet et de découvrir si 0,05% du scénario que je décrivais précédemment se réalisera. Seul l’avenir nous le dira!

Commentaires
  1. JF

    Je crois que plusieurs sites pourraient disparaitre en raison de la baisse des revenus de publicité. Il y a tellement de sites dont les contenus et les plans d’affaires sont identiques. Il y aura sûrement une consolidation à ce niveau. Je pense aussi que le mouvement des entreprises vers Google pour acquérir des clients est commencé depuis longtemps et va aller en s’amplifiant. Les stations de radio et de télé risquent de souffrir de plus en plus.

    Même si le CPC ou le CPM est moindre, l’augmentation du nombre de visiteurs pour les sites restant leur permettera probablement de rester gratuit.

    Je pense que ce sont surtout les logiciels comme AdBlock plus qui seront bientôt un obstacle à la gratuité des sites. Il a déjà été téléchargé 45 millions de fois sur Firefox…

  2. Julie Lemonde

    Wow! Je ne savais pas que 45 millions de personnes utilisaient AdBlock ,merci JF pour l’info! Le point que tu soulèves en plus est que déjà les gens refusent de “voir” la publicité sur les sites gratuits…J’ai bien hâte de voir quels seront les nouveaux modèles d’affaires :)

  3. Il y a une chose de claire pour moi, je ne suis pas contre les contenus payants, je suis contre le fait de payer pour du contenu de basse qualité. Pour le moment, je n’arrive pas à trouver du contenu qui prenne un sujet à coeur pour l’approndir suffisament pour que je sois intéressé de payer pour y accéder.

    Alors, lorsqu’on aura compris que je suis prêt à payer par micro-paiment, peut-être que la publicité ne sera plus le sujet de discussion préférés de plusieurs.

  4. Julie Lemonde

    J’aime ton point de vue Benoit, et je suis d’accord avec toi que la stratégie de contenu ou service premium (voir contenu/service personnalisé et recommandé selon tes besoins) pourrait potentiellement être le type de piste à explorer!

  5. JF

    Benoit : J’ai peine à croire ce que tu dis. Il y a tellement de sites sur tout les sujets sur internet, avec énormément d’information, qu’il est difficile de ne pas trouver ce qu’on recherche. Le micropaiement est intéressant, mais j’ai mes doutes à ce sujet. Combien serais-tu prêt à payer pour visiter tes sites préférés ou même pour lire seulement un article? Si un site est payant, est-ce que tu t’abonnes habituellement aux essais gratuits ou tu passes au site suivant ? Dans mon cas, je m’abonne une fois sur cent environ (oui je visite beaucoup de sites).

  6. JF: Je suis tout à fait prêt à payer pour du contenu, oui. Il y a de nombreux exemples où le contenu à valeur ajouté est profitable. Il faudra par contre faire un effort beaucoup/vraiment/incroyablement plus important que ce qui ce fait présentement. Par contre, voici quelques exemples d’aujourd’hui:

    Pour moi:

    - une étude de 350 pages bien faite sur la dissection sur l’ergonomie du panier d’achat d’Amazon
    - une étude de cas de 10 pages avec exemples, chiffres, liens et informations prévilégiés sur le succès du lancement du portail X
    - Un guide complet sur la création d’une application pour iPhone de A-Z sur la nouvelle plateforme à venir de Apple
    - des vidéos/podcast complètent d’une conférence donné outre-mer que je n’ai pu accéder

    Et pour plusieurs aujourd’hui:

    - les chiffres de la bourse sur une interface personnalisable
    - les résumés de rapport trimestriel en temps presque réel
    - des SMS pour m’avertir que mon produit est en vente à mon prix à tel endroit
    - etc.

    Ce sont déjà tous des stratégies de contenus à valeur ajoutés qui sont payants et qui ont du succès.

    Maintenant, un article de 3 paragraphes sur comment choisir une peinture couleur ZEN pour mon mur de salle de bain, je suis bien d’accord avec toi, je ne payerai pas pour ça!

  7. JF

    Merci Benoit pour ta réponse. Ça ne pouvait pas être plus clair. J’ai aussi visité ton blog et je l’ai ajouté à mon lecteur RSS. Il est très intéressant.

  8. JF

    Benoit : Merci pour cette description détaillée. J’ai aussi ajouté ton blog à mon lecteur RSS.

    Julie : Voici un bon article discutant la possibilité de charger pour du contenu sur Internet. On y discute aussi le micropaiement.
    L’article est publié aujourd’hui suite aux pertes importantes du New York Times.

    http://www.marketwatch.com/news/story/Charging-online-content-may-work/story.aspx?guid={73F0A42B-0509-44E9-A1DF-166D56C7B0F6}

  9. Julie Lemonde

    Merci JF pour l’article, toujours intéressant de voir que la réflexion continue son chemin ailleurs dans le monde!

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