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The long tail, du plomb dans l’aile

Je vous le dis, plus je lis des études sur le concept The long tail, publicisé par Chris Anderson, éditeur en chef du magazine Wired, plus je me rends compte que les chercheurs s’en donne à cœur joie pour évaluer sa validité.

L’étude dont je vais vous parler ne provient pas d’un chercheur d’une université obscure, on parle ici d’Anita Elberse d’Harvard, ce qui signifie possiblement que des gestionnaires se sont questionnés à savoir si l’application de cette stratégie valait réellement la peine.

Bon, avant d’aborder les résultats de l’étude, rappelons que l’industrie des médias et du divertissement base fréquemment la mise en marché de leurs produits sur des “blockbusters”. En effet, comme les canaux de distribution traditionnels limitent l’espace physique en magasin ou en salle, ces compagnies misent sur la mise en marché de quelques “best sellers” en espérant que 1 ou 2 succès maximisent leurs profits.

Ce que The Long Tail évoque est le fait que cette limite de capacité physique n’existe plus dans le monde numérique et que cette opportunité permet d’offrir autant d’options que l’on désire au consommateur sans que cela coûte quoi que ce soit. Chris Anderson mentionne donc que plus de produits nichés existent, plus cela rencontre les besoins des consommateurs et de cette manière, on augmente nos profits grâce à la “longue traîne” plus que si l’on adopte la logique du “blockbuster”.

Ainsi, Anita Elberse s’est penchée sur cette stratégie de la “longue traîne” pour valider si ce que Chris Anderson avance se concrétise en réalité. Elle a donc analysé les données de l’industrie de la musique et du vidéo en ligne, car il s’agit de deux marchés qui sont fréquemment cités par Chris Anderson. Les compagnies qu’elle a étudiées sont Nielsen SoundScan, Nielsen VideoScan, Rhapsody et QuickFlix.

Les résultats sont surprenants et nous font aussi fortement réfléchir sur la validité de la “longue traîne”. En effet, celle-ci a découvert que les “blockbusters” connaissent encore plus de succès que ce qu’ils connaissaient auparavant sur les marchés traditionnels et qu’en plus, les consommateurs ne consomment pas autant de produits de niche que ce que Chris Anderson supposait. Si on lit entre les lignes, on ne fait pas plus d’argent en adoptant la stratégie de la “longue traîne” que celle du “best seller”.

Enfin, quand on y pense bien, Chris Anderson a lui-même utilisé la stratégie du “best seller” pour promouvoir la stratégie de la “longue traîne”…

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